Ce qu’ils en disent…

31 janvier 2011 (lien actif)

Le Spoumj de François Jeanneau

Je n’avais pas encore vu le Spoumj déployé sur scène. C’est chose faîte ! suite à ce concert stimulant et impressionnant dans les sous sols de l’Olympic café (proche Barbès)

Le soundpainting est une approche créative de direction d’orchestre que François Jeanneau développe et enseigne depuis quelques années. Elle peut s’appliquer à d’autres domaines artistiques : direction de musiciens, d’acteurs ou de danseurs pourquoi pas ?

Elle consiste à s’entendre avec les musiciens sur la signification de gestes proposés par le « chef d’orchestre« . Tout un ensemble de signes qui au premier abord semblent plus riches et plus diversifiés que les gestes du chef d’orchestre classique. Des gestes qui commandent l’intensité, le niveau d’exécution, le numéro de la pièce écrite ou de la partie à jouer ; ou qui donne une latitude, ou un nombre de mesures pour improviser quelque chose à un instant donné… Les ordres sont collectifs, ou bien destinés à un pupitre, ou encore ne s’adressent qu’à un soliste. Sur cet ordre, on jouera de son instrument ou de sa voix (cris, rumeurs, bruit de bouches, impro textuelle, jeu de situation théâtrale…)

Olympic 5  Olympic 2

© Emmanuelle Vial

Sur la base de ce langage et de ces signes, les musiciens « exécutent » selon l’inspiration du « chef de Sound Painting« . Celui ci se sert de l’orchestre comme d’une palette de couleurs sonores pour créer une musique de l’instant, une musique instantanée.

Les codes semblent nombreux et assez complexes pour indiquer les nuances et rythmer les façons de jouer. Ils peuvent donner lieu à des erreurs d’interprétation qui font partie intégrante de l’approche. Et parfois, ils donnent visiblement une relative liberté d’interprétation et d’improvisation aux musiciens. Néanmoins, le rôle du chef l’orchestre est central pour ponctuer la couleur, la tonicité et la tonalité de l’opus in progress. .

Indéniablement, cela nécessite une intense concentration pour le dirigeant comme pour les exécutants. Le chef d’orchestre doit faire preuve de spontanéïté, de créativité, d’invention. Et les exécutants doivent décrypter ses intentions et y répondre en temps réel. L’interactivité est immédiate et en sus, elle s’applique également au public tribue pas les sensations qu’il envoie en retour.

La formation de cette soirée comportait 14 exécutants dont le leader (leader qui peut changer au fil du concert ; trois des musiciens ont pris tour à tour la direction de la formation) :

2 trompettes/cornets, trois sax/clarinettes, un violon, un bassiste électrique, un batteur/percu, un guitariste, un clavier, trois choristes/diseuses/chanteuses. Cela donne un groupe riche en timbres et capable d’occuper le territoire sonore de façon intense. Sans compter le public qui peut être sollicité à répondre aux injonctions gestuelles du chef d’orchestre.

Olympic 1  Olympic 3

© Emmanuelle Vial

Certains Spoumj comportent plus de 20 exécutants. Cela donne un concert ludique, jubilatoire et musical. Les pièces sont complexes et riches, mais les musiciens sourient et rient pendant l’éxécution et le public partage cette joie au fil du développement de l’oeuvre. La formation propose un jazz rock contemporain mâtiné de musique world et de tonalités caraîbes. S’y ajoutent des textes illustrant le thème du voyage (on a reconnu des dialogues de films cultes comme le « Taxi pour Tobrouk » et le « singe en hiver » évoquant des destinations lointaines ; ainsi que des textes de Nicolas Bouvier).

Pour ceux qui ont vu les concerts de Zappa à Paris (fin seventies, courant eighties), ils retrouveront une analogie et une certaine connivence avec le soundpainting que pratiquait à sa façon le grand Wazoo avec ses orchestres d’exception.

Le Spoumj, c’est une expérience musicale certes ! mais même mieux, cela produit un très beau concert Jazz. Un chouette big-band malicieux et déjanté avec des musiciens de haut niveau.

AVEC (liste du programme, mais tout ce monde n’était pas là, en ce mercredi 26 janvier. C’est le coté géométrie variable de ce projet) :

François Jeanneau (direction), Luc Isemann, Jean-Marie Lagache (drums/percus), Ann Ballester (piano), Éric Mouchot, Christian Duperray (basse, cb), Fred Maurin, Pierre Durand (guit.), François Cotinaud, Jean-Marc Bouchez, Daniel Beaussier, Emmanuelle Somer (Bois), Valérie Otero, Rafaële Arditti, Andrew Crocker (tp), Olivier Lagodzki (Tbne), Étienne Mézière (violon), Sophie Le Roy (Kaossillator), Frédérike Borsarello, Marlène Continente, Valentine Quintin, (voix), Dominique Fonfrède, Catherine Moulin (comédiennes).

Seul regret de la soirée : François Jeanneau, n’avait pas pris son biniou… et donc n’a pas joué de sax… grand dommage ! En revanche sa direction d’orchestre est imparable et illustre à nouveau son talent de grand musicien et d’orchestrateur. Et visiblement, il prend grand plaisir à diriger cette formation et à transmettre son savoir à ceux qui se lancent dans la direction façon SoundPainting.

Bref ne manquez pas un prochain passage du Spoumj. Ca décoiffe et ça décalque façon jubilatoire ! Il y en aura d’autres prochainement à l’Olympic. (à suivre). Plus d’info notamment sur des stages d’initiation au Soundpainting pour musiciens sur le FB du Spoumj et sur le MySpace

D’autres chroniques de concert du Ptilou’s blog 

 

********************************************************************************

M. Génon Le 13 du Mois JAnvier 2011 - copie1

 

M. Génon Le 13 du Mois JAnvier 2011 - copie2

 

********************************************************************************

belfort_spoumj_estrep

*******************************************************************************